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06/04/2021

RELATION ABUSIVE , EMPATHIE ET IDENTIFICATION

Aujourd’hui, je reçois de plus en plus de personnes aux prises avec un « pervers narcissique ». Beaucoup d’écrits, de vidéos existent sur le sujet.

Aujourd’hui, je souhaite mettre l’accent davantage sur la personne qui subit LA RELATION ABUSIVE. Car le pervers narcissique n’existe pas sans l’autre.

Car comme le dit « jacques Salomé, « Nous sommes toujours trois dans une relation : moi, l’autre et la relation. L’écharpe relationnelle nous permet de voir que chacun tient un bout, une extrémité de cette relation.

Avoir recours à l’écharpe relationnelle nous permet de nous responsabiliser : nous sommes responsables à 50 % de nos relations, ni plus ni moins.

Qu’est ce qui fait que nous nous engageons dans une relation ou l’autre peut abuser de nous ? Qu’est qui fait que nous l’acceptons et mettons longtemps à nous en dégager ? Pourquoi acceptons-nous d’etre maltraitée psychologiquement, voire physiquement par un autre être humain ?

Et si la réponse à ma question était dans le trop d’empathie ? Ne serions-nous pas quelquefois trop empathiques ?

Et comment reprocher à quelqu’un d’être trop empathique… ?

Qu’est-ce que l’empathie d’ailleurs ? Contrairement à ce que l’on pourrait penser l’empathie n’est pas la capacité à se mettre à la place de l’autre ce qui engendre une confusion entre l’autre et soi mais à ressentir les émotions de l’autre.

L’empathique a une capacité à ressentir quels sont les besoins des personnes qui se trouvent en face de lui, et à savoir y répondre. Il est animé par une volonté de faire plaisir. Il déteste par-dessus le conflit et il est essentiel pour lui de ne jamais blesser l’autre.

Car pour lui, lui et l’autre c’est pareil. Et là c’est trop. Il s’agit alors d’un processus d’identification et non plus simplement d’empathie. Dans le langage commun, l’identification et l’empathie sont souvent amalgamées. En psychanalyse, nous distinguons les deux. Dans l’identification, nous trouvons la possibilité d’un double mouvement :

S’Identifier soi à un autre, se croire pareil à lui. Ou identifier l’autre à soi, le croire pareil à nous. Dans l’identification la capacité à être touché par l’autre renvoie alors au fait d’être touché pour soi-même, et lui ôte toute velléité à vouloir heurter celui qui se trouve en face de lui (comme s’il évitait d’être heurté lui-même) …

L’Empathie, elle, revient à comprendre ce que l’autre ressent sans se mettre à sa place, c’est à dire, sans identification. …

L’empathique par sa capacité à ressentir l’autre à tendance à …. S’oublier ! Il aura souvent tendance à s’épuiser, plutôt que de poser un « non » salutaire. Comme il ressent l’autre, il capte les besoins de l’autre et ses émotions. Il veut répondre aux besoins de celui qui se trouve en face de lui…, si bien qu’il ne sait plus ce qu’il ressent lui-même ! Résultat : il ne sait plus trop ce qui est important pour lui, quand il est en lien avec une autre personne. Son seul besoin est que l’autre soit heureux !En fait, l’empathique est souvent en état de fusion, et il a du mal à délimiter ce qui provient de lui et ce qui provient de l’autre. Étant déconnecté de ses propres émotions à lui, il ne sait plus très bien ce qu’il ressent lui-même ; et il devient incapable d’être en lien avec ses propres besoins.

Cette capacité à être en fusion ou dans l’autre plutôt que dans lui-même en fait une proie idéale pour tout abuseur et autre pervers en tout genre…

Pourquoi ? Parce qu’étant centré sur la personne en face de lui, et souhaitant lui faire plaisir avant tout, toutes ses actions iront dans le sens du bonheur de l’autre et de la façon dont il pourra arriver à lui plaire…

L’abuseur le capte et le sent… et il vient alors le parasiter puisque l’autre à tendance à se sacrifier pour rendre heureux…

De plus, l’empathique est souvent dans l’incapacité de sentir son propre corps, c’est à dire où se trouve sa limite puisqu’il ne ressent que ce qui se passe chez l’autre… ! L’autre peut alors abuser à sa guise…

L’empathique même abusé n’a plus qu’une seule et unique stratégie : essayer de tout faire pour lui faire plaisir et répondre au besoin de son abuseur, plutôt que de sentir sa limite ! Et l’abuseur va abuser de ce sens du sacrifice chez l’autre. L’empathique est un sauveur avant toute chose. Ce fonctionnement provient toujours de la place dans laquelle il s’est inscrit dans sa famille. Un parent défaillant, malade, émotionnellement immature et hop, le tour est joué. Autant de bénéfice pour l’empathique qui va se sentir exister grâce à ce rôle. Qu’il va continuer à endosser dans ses relations adultes jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il est partie prenante de ce jeu toxique et qu’il peut changer de place.

Il est de la responsabilité de celui qui est abusé de comprendre cela pour changer !

Toute sa libération va passer par sa capacité à se sentir et à poser sa limite !

Mais, il est extrêmement difficile pour une personne empathique en lien avec un abuseur de s’en sortir facilement… En effet, toute l’énergie de l’empathique est centrée sur l’autre et sur comment il pourrait faire pour créer un lien harmonieux. Il ne réfléchit qu’à ce qu’il pourrait faire pour ne pas heurter l’autre ou pour le rendre aimant, plutôt que de rentrer en lui-même…

Et bien sûr, il finit par oublier ses propres sensations internes ! Pourtant, il devrait ressentir que tout hurle à l’intérieur !

Face à l’abus, il devrait pouvoir capter un : « Non ! là c’est trop !!! » … Mais il ne le sent pas !!! Il continue à vouloir répondre à ce que l’autre attend de lui !

Sa libération ne passe que par la prise de conscience que dès qu’il entre lien avec un autre, il perd sa capacité de se ressentir lui-même… Il n’y a plus de limite entre lui et l’autre… Il devient alors une proie idéale !

Cette façon d’être provient souvent de l’enfance et du lien à la mère, couplé à une absence de limite entre lui et elle qui normalement aurait dû venir du père. En fusion avec elle, il est incapable de sentir ce qui provient de son identité propre. Il est encore absorbé dans l’énergie de la mère.

Le père normalement aurait dû jouer le rôle du tiers séparateur. Il aurait dû lui faire sentir que « Non ! il n’est pas elle ». Mais si ce dernier a été manquant ou absent, dans la relation l’enfant ne sait plus ce qui relève de ses propres besoins ou de celui de sa mère. Résultat : il a gardé cette façon initiale de rentrer en lien. Il répond alors aux besoins de l’autre plutôt qu’aux siens propres …

Et sa quête d’harmonie, sa volonté de vouloir faire plaisir ou d’aider l’autre, et son désir de ne pas heurter, lui font oublier que souvent il se blesse lui-même. Il finit par déserter son territoire, sa maison, ses sensations, ses besoins, son corps.

Peut-être à t-il la croyance que s’occuper de soi, c’est être égoïste ? Peut-être n’a-t-il pas appris ce que c’est que de s’aimer ? Si l’empathique a d’immenses qualités dont le monde a besoin, il a néanmoins une chose à apprendre : S’occuper de soi pour ne pas se laisser engloutir par l’autre.

Pour sentir sa terre, l’empathique a souvent besoin de faire un bout de chemin seul… Pour enfin SE SENTIR… et quand cette sensation deviendra réellement et enfin sienne, qu’elle sera suffisamment tangible, il pourra enfin entrer en lien avec l’autre sans s’oublier lui-même !!!

Patricia DUBLE 

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